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Création
2012

Hamlet s'est tu.

photo Hamlet s'est tu. photo Hamlet s'est tu. photo Hamlet s'est tu. photo Hamlet s'est tu.

Texte de Pierre Astrié

Mise en scène Carole Anderson

Avec Denise Barreiros, Pierre Astrié et Simon Le Pape

Lumières Philippe Catalano

Production et diffusion Martine Zitoun et Paul-Marie Plaideau

Production Là-bas théâtre
Coproduction Les Théâtres de Béziers
Partenariat ATP de Nîmes
Avec le soutien de la Région Languedoc Roussillon

Un résumé

Hamlet et les osselets
Avez-vous déjà pensé aux oreilles du père de Shakespeare sur son lit de mort ?
Eux, oui. Mais ils ne savent pas si elles étaient grandes ou petites, et quel était le niveau de perméabilité de leurs parois internes.

Questions incontournables si on pense à la mort du père de Hamlet, empoisonné par les oreilles. Si les mots peuvent tuer, Shakespeare aurait-il empoisonné son propre père ? Et le raisonnement se complique quelque peu si, comme d'aucuns l'ont prétendu, on envisage que Shakespeare fut en vérité le pseudonyme de la Reine d'Angleterre.

Eux, deux chercheurs-enquêteurs se rendent à Paris pour y rencontrer Hamlet. Elle vient de Bordeaux, Lui de Nice et cela a plus d'importance qu'il n'y paraît. Leur impossible mission : découvrir une quelconque vérité dans le but d'écrire un essai qui, après Freud, Lacan, Joyce, Winnicot, Popper, Cavell, Roustang, Green, Eliot, Jones, Kuhn, Mézières, Charpentier, Herman, Goethe, Hugo, Tolstoï et tant d'autres, apporterait un éclairage nouveau sur le mythe du Prince Triste, qui depuis des siècles fait couler beaucoup d'encre et vendre beaucoup de livres. À sa recherche dans les étages habités de l'hôtel de luxe où ils sont hébergés, sans trop d'espoir, Elle et Lui donnent libre cours à leur fantaisie, accompagnés par H, un jeune serveur, virtuose de la guitare, qui semble vouloir les pousser à la consommation de blanc sec.

Commence alors une aventure au pays du tout possible. Sur les toits, dans l'ascenseur, accrochés à une gouttière ou dans le noir de l'escalier de l'hôtel qui descend à Elseneur, ils sont irrémédiablement entraînés dans le tourbillon des innombrables fictions déguisées en vérités qui surgissent dès que le mot vérité est prononcé. Faut-il croire ce que l'on voit ? Qui est le portier de nuit qui porte barbe blanche ? Et cette jeune bonne qui dissimule sous des rubans les fleurs qui poussent dans ses cheveux ? Et si le crâne n'était pas celui de Yorick ? Et si Gertrude savait qu'elle buvait le poison destiné à son fils ?

Où se cache la vérité ? Dans un accessoire de théâtre - crâne en plastique, dans le silence de H, ou au bout de toutes les questions restées sans réponses ? Si nous sommes autant de fictions des autres qu'il existe d'autres, la somme de ces fictions fait-elle une vérité ? L'idée que la vérité n'existe pas est-elle supportable ? La vérité est-elle ce à quoi chacun s'accroche dans le besoin de nier la possibilité que la vérité n'existe pas ?
Hamlet ...

Pour qui est-il grand, brun, maigre, blond, valeureux, angoissé, musclé, heureux, fragile, fou, imberbe, menteur, tombeur, laid, malheureux, fourbe ? Yorick le Fou le faisait-il sauter sur ses genoux ou sur ses épaules ? Et ses ailes, de quelle couleur sont-elles à la fin ?

Savons-nous s'il se tait parce qu'il sait que quelque chose existe d'irréparable, qui aurait trait au sortir de l'enfance et dont nous serions responsables ?

Et s'il se taisait pour rien ou sans trop savoir pourquoi ou parce qu'il a franchement d'autres chats à fouetter ?

Sur le projet

Carole Anderson a voulu lire les textes de Pierre Astrié après avoir assisté à une représentation de La Joconde a mal aux dents à Paris en 2007. Depuis, elle en a lu beaucoup et avoué une prédilection pour les inachevés, les fonds de tiroirs, les textes écrits pour rien. Textes qu'elle n'a cessé alors de pratiquer, partout et à toute heure, notamment avec les jeunes acteurs qui sont ses élèves au Lucernaire.
En 2010, elle adapte son Journal de l'homme en gris, roman «délaissé», au Théâtre des Déchargeurs à Paris.
En 2011, elle intègre quelques extraits du recueil Ecrire est un instant dans le spectacle Dans le bus, qu'elle imagine et dirige pour la compagnie Les Planches et les Nuages au Festival « Sans les murs » de Monthey (Suisse). Carole a eu l'idée d'un projet sur Hamlet après avoir lu Hamlet, le sel ! que Pierre a écrit en 1996, « J’aimerais qu’Hamlet ne parle pas, je voudrais qu’il joue de la guitare classique » lui a-t-elle dit.
C’est donc à partir de ce silence devenu musique, en guise de réponse aux dialogues, qu’est né Hamlet s’est tu.

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